Etudes des politiques rizicoles : Nigeria


Etudes des politiques rizicoles : Nigeria

Le Nigeria a connu une croissance rapide de la consommation de riz par habitant au cours des trois dernières décennies, de 5 kg dans les années 1960 à 25 kg à la fin des années 1990. Les programmes successifs lancés pour accroître la production n’ont pas pu réduire le déficit en riz qui a suivi. L’imposition d’un interdit sur les importations de riz de 1985 à 1995 et l’augmentation consécutive du prix relatif par rapport aux denrées principales, ont relancé la production rizicole principalement à travers l’augmentation des superficies.

Les rendements ont atteint un sommet dans les années 1990 et il y a maintenant des signes de leur baisse. Malgré l’augmentation relative du prix du riz, la consommation par habitant a maintenu la tendance à la hausse, montrant que le riz est devenu une composante structurelle du régime alimentaire des Nigérians avec la faible élasticité des prix. Le riz est maintenant une ‘marchandise ordinaire.’

Les politiques passées n’ont pas aidé les producteurs du riz local à sécuriser une importante part du marché, et les importations ont accru rapidement depuis la levée de l’interdiction d’importer et ce malgré les augmentations successives du tarif d’importation de 50 % à 100 %. Le riz importé représente maintenant plus de 20 % des importations agricoles et la moitié de la consommation totale de riz. Le Nigeria est devenu ainsi un principal importateur de riz, le deuxième après l’Indonésie au cours des cinq dernières années (1998–2002).

Au-delà du grand volume impliqué, le marché du riz au Nigeria est même plus attrayant que les marchés d’autres pays ouest-africains parce que le Nigeria importe du riz de grande valeur (étuvé) au lieu du riz de piètre qualité typiquement importé dans les autres pays de la sous-région.

Avec un financement de l’USAID, l’ADRAO a travaillé avec l’Institut nigérian de la recherche sociale et économique (NISER) pour faire une étude sur le secteur du riz au Nigeria. L’un des résultats de cette étude sera une stratégie pour revitaliser le secteur riz, en termes d’accroissement de la capacité locale pour rivaliser avec le riz importé (qualité et prix), et pour renforcer la part du marché du riz local.

Pour être viable, cette stratégie doit répondre aux besoins des consommateurs. Le marché du riz est très compétitif et les consommateurs peuvent choisir entre le riz local et le riz importé, même dans les zones rurales. Par conséquent, la stratégie doit accorder la priorité à l’amélioration de la qualité du riz produit localement plutôt que d’accroître simplement la quantité disponible. En effet, la mauvaise qualité relative du riz nigérian est la première contrainte au développement poussé de ce secteur.

Les consommateurs sont de plus en plus prêts à payer pour la qualité, de sorte que la qualité vient avant le prix pour influencer les décisions des consommateurs. Le riz de mauvaise qualité a un marché limité, avec une part de marché susceptible de chuter. Ainsi, améliorer simplement l’approvionnement en riz de mauvaise qualité n’est pas une option.

Les composantes clés de la stratégie sont :

  1. Améliorer la gestion de la qualité le long de la chaîne de commercialisation. Ceci inclut la sensibilisation des acteurs sur les questions de qualité, l’amélioration des technologies de transformation et l’amélioration de la qualité et de l’homogénéité du paddy au niveau du champ.

  2. Améliorer l’efficacité de la commercialisation. Ceci inclut le soutien au commerce de détail du riz local et l’expansion du commerce en facilitant l’accès au fonds de roulement et la réduction des coûts de transaction par la promotion de la standardisation et la diffusion de l’information sur les prix ainsi que la stimulation des prix de récompense de la qualité pour renforcer le pouvoir de négociation pour les riziculteurs et les commerçants de riz.

  3. Améliorer l’efficacité au niveau du producteur. Ceci inclut l’amélioration de la productivité des différents systèmes de production rizicoles et la dissémination et l’adaptation des technologies.

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 © Centre du riz pour l’Afrique 2009