Diguettes et moustiques en
Afrique de l'Ouest
La riziculture irriguée favoriserait-elle le paludisme ? 

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 Consortium "Santé"
ADRAO
OMS-TEAE
CRDI
DANIDA
Gouvernement norvégien
Table des Matières

Contexte

Les bas-fonds aménagés et les périmètres irrigués sont suspectés aggraver l'endémicité de plusieurs maladies transmissibles par vecteurs en Afrique de l'Ouest. Ces inquiétudes, d'ordre sanitaire, ont constitué une entrave au développement et à la promotion des rizicultures de bas-fonds et de périmètres irrigués. Cependant, la croissance rapide de la consommation de riz dans la région (5,6 % par an) et les limites à l'intensification de la riziculture de plateaux font que la riziculture aquatique est une option intéressante tant pour les décideurs politiques que pour les paysans. En Afrique de l'Ouest, les bas-fonds représentent près de 50 % de la superficie totale des zones humides cultivables (375.000 à 843.000 km2).

Le Consortium "Santé" ADRAO / OMS-TEAE 1 / CRDI / DANIDA / Norvège regroupe six centres de recherche pluridisciplinaires ouest-africains, avec l'objectif d'évaluer l'impact sanitaire et social de divers types de gestion de l'eau dans les rizières en zone de forêt équatoriale, de savane et au Sahel. Les résultats obtenus seront utilisés pour mettre au point des stratégies de gestion de l'environnement visant à minimiser les risques sanitaires liés à la mise en oeuvre de la riziculture.

1TEAE = Tableau mixte OMS / FAO / PNUE / CNUEH d'experts sur l'aménagement de l'environnement pour la lutte antivectorielle


 
Hypothèses de départ

L'intensification de la maîtrise de l'eau liée à l'aménagement des bas-fonds et à l'irrigation des périmètres pourrait entraîner une augmentation de la transmission du paludisme et une aggravation de l'incidence de cette maladie dans les différentes zones agro-écologiques d'Afrique de l'Ouest. 


 
Densité des bas-fonds en Afrique de l'Ouest

D'après Andriesse W., N. van Duivenbooden, L.O. Fresco et P.N. Windmeijer, 1994.
Multiscale approach to characterize inland valley agroecosystems in West Africa.
Netherlands Journal of Agricultural Science 42 : 159-179. 

 
Résultats des recherches
Perception et comportement des populations

Des études socio-culturelles qualitatives menées en zone de savane révèlent que la double riziculture: 

  • attire principalement les familles jeunes
  • améliore les revenus des femmes
  • conduit à transférer la responsabilité financière des soins de santé et d'éducation des hommes vers les femmes
  • influe sur les comportements sanitaires en réduisant le temps d'attente entre le début de la maladie et le premier traitement.
Une évaluation quantitative rapide des statuts socio-économiques des familles, révèle qu'en matière de soins de santé, les ménages dirigés par des femmes et les ménages les plus aisés présentent les dépenses sanitaires curatives et préventives les plus élevées. 
 
 
 

 
Impact de la riziculture sur le paludisme

D'après  Dolo, G., M.S. Sissoko, A. Dao, I. Sagara, S.F. Traoré, M. Sissoko, M. Bouaré, A. Dicko, N. Sogoba, Dembélé, O. Niar et M. Bagayoko, 1997. Impact of irrigated rice cultivation on malaria transmission in Niono, Mali. A245 Abstracts, 46th Meeting of the American Society of Tropical Medicine and Hygiene, Lake Buena Vista, 7-11 December 1997.


D'après  Henry, M.C., J. Dossou Yovo, I. Nzeyimana, S. Diarassouba, E. Akodo, T. Teuscher et P. Carnevale, 1998. Impact of rice cultivation systems on malaria incidence in the savanna of northern Côte d'Ivoire. Poster 67, Abstracts, 2nd European Congress on Tropical Medicine, Liverpool, 14-18 September 1998.


 
Premières Conclusions
A l'intention des planificateurs du développement agricole :
  • Au Sahel, l'irrigation n'accroît pas la transmission du paludisme et pourrait même contribuer à maintenir l'endémicité à un faible niveau.
  • La réduction de la densité des populations d'anophèles entraîne une augmentation de la durée de vie de chaque moustique et, par conséquent, augmente les risques de transmission et de prévalence de la maladie. Ainsi, les stratégies alternatives d'intensification de la riziculture basées sur une plus courte période d'inondation (semis en sec et meilleure gestion des ennemis des cultures), susceptibles de diminuer la densité des populations d'anophèles au Sahel, pourraient accroître la transmission et la prévalence du paludisme.
  • En zone de savane, l'amélioration de la maîtrise de l'eau dans les bas-fonds afin de permettre la double riziculture n'accroît pas la transmission du paludisme et n'a pas d'impact sur l'effet du paludisme sur la population.
  • Il faudrait inclure dans les plans de mise en valeur des bas-fonds, des stratégies d'amélioration et d'accélération de l'accès aux traitements anti-paludéen adéquats, afin que le potentiel socio-économique des systèmes rizicoles intensifiés puisse plainement être exploité. 

A l'intention des planificateurs de la santé :
  • Au Sahel, toutes les mesures pour réduire le contact homme-vecteur pendant la saison sèche pourraient réduire l'incidence du paludisme.
  • L'imprégnation des moustiquaires, déjà largement utilisées pendant la saison des pluies, pourrait réduire de manière significative l'impact du paludisme.
  • Dans les zones de savane, l'accroissement des revenus des femmes accélère le recours aux traitements sanitaires à tous niveaux de l'itinéraire thérapeutique (ménage, marché, secteur de la santé).
  • Dans les zones de savane à endémicité paludéenne saisonnière ou intermédiaire, les messages d'information et d'éducation doivent tenir compte de la faible perception des risques par la population, qui conduit à de très faibles taux d'utilisation des moustiquaires.
  • Contrairement au cas de paludisme, la fréquence des épisodes de fièvres non paludéennes (arboviroses etc.) varie en fonction du type de milieu environant.
  • La riziculture améliore la sécurité alimentaire des ménages. Elle améliore aussi l'accès des populations aux interventions sanitaires recommandées par l' "Initiative de Bamako". 
Membres du Consortium "Santé"

Mali : Faculté de médecine, de pharmacie et d'odonto-stomatologie, Centre de recherche et de formation sur le paludisme, DEAP, Bamako ; Institut d'économie rurale, Niono/Bamako ; Institut national de recherche en santé publique, Bamako 

Côte d'Ivoire : Centre universitaire de formation en entomologie médicale et vétérinaire (CEMV), Bouaké ; Institut Pierre Richet (IPR) / O.C.C.G.E., Bouaké ; Association pour le développement de la riziculture en Afrique de l'Ouest (ADRAO), Bouaké ; Centre de recherche pour le développement international (CRDI, Ottawa, Canada) 

L'ADRAO, l'OMS-TEAE et le Centre de recherche pour le développement international (CRDI) fournissent une assistence technique au consortium ; le CRDI, le Gouvernement danois (DANIDA) et le Gouvernement norvégien (Ministère des affaires étrangères) fournissent un appui financier.
 
 

Coordination : Consortium santé, Association pour le développement de la riziculture en Afrique de l'Ouest (ADRAO), 01 B.P. 2551, Bouaké 01, Côte d'Ivoire, Tél. : +225 31 63 45 14, Fax : +225 31 63 47 14, Courrier électronique : institution d'hôte : warda@cgiar.org.
 
 
 


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