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Centre du riz pour l’Afrique


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Savitri Mohapatra, Editor
(s.mohapatra@cgiar.org)

Septembre-Décembre 2005

Numéro 10


Verdissement du Sahel: technologies améliorées
pour la riziculture irriguée

Un programme de variétés de riz à haut rendement, d’options de gestion intégrée de culture et d’équipement post-récolte donne un nouvel espoir aux paysans du riz irrigué au Sahel. Les technologies améliorées développées par le Centre du riz pour l’Afrique (ADRAO) et ses partenaires nationaux ont doublé le rendement rizicole en Mauritanie et ont rapporté plus de 30 millions DUS au Sénégal entre 1995/96 et 2000/01.

Variétés de riz améliorées

L’accès aux variétés adéquates a été une contrainte majeure à l’amélioration de la production du riz irrigué dans la Vallée du Fleuve Sénégal. Pour juguler ce problème, l’ADRAO a lancé une initiative avec ses partenaires nationaux du Sénégal pour rendre des variétés productives et adaptées disponibles.

Suite à une évaluation à grande échelle avec les paysans, trois nouvelles variétés (Sahel 108, Sahel 201 et Sahel 202 avec des moyennes de rendements de 6 à 7 t par ha dans les champs des paysans) ont été homologuées au milieu des années 90 dans la Vallée du Fleuve Sénégal, où la zone totale cultivée est entre 30 000 à 35 000 ha.

Ces variétés sont devenues si populaires chez les paysans que la proportion de la zone totale cultivée des variétés Sahel a augmenté de 3% en 1995/96 à plus de 70% en 2000/2001. Le volume total de paddy des variétés Sahel a augmenté de 3000 t environ à plus de 115.000 t dans la même période et les revenus cumulés des variétés Sahel ont dépassé 30 millions de DUS. Cinq nouvelles variétés Sahel ont été récemment homologuées dans la Vallée du Fleuve Sénégal.

Technologies post-récoltes

Dans les systèmes à base riz irrigué d’Afrique de l’Ouest, le battage et le vannage sont généralement effectués manuellement par les femmes qui passent des heures entières sur ces opérations épuisantes. Cela affecte non seulement la santé mais aussi la qualité et la rentabilité du grain de riz.

Le Centre du riz pour l’Afrique en association avec un grand nombre de partenaires a mis au point la batteuse vanneuse ASI pour juguler ces problèmes. Sur la base d’un prototype de l’IRRI, ASI a connu plusieurs adaptations pour cadrer avec les conditions de la Vallée du Fleuve Sénégal.

ASI a une capacité de battage de 6 tonnes de riz paddy par jour (comparé aux 2 tonnes du Votex—l’autre batteuse communément utilisée) et le taux de séparation grain paille est 99%. Ce n’est, par conséquent pas surprenant que plus de 250 ASI aient été construites au Sénégal depuis son homologation officielle et plus de 50% du total du paddy récolté dans la Vallée du Fleuve Sénégal est actuellement battus à l’ASI, la rendant la batteuse la plus utilisée de la région.

Sa contribution a été reconnue en 2003 lorsque le Président du Sénégal a présenté à l’équipe de l’ASI le « Grand Prix du Président de la République pour les Sciences » — la plus grande distinction au Sénégal pour la Science. L’équipe de l’ASI inclut l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA), la Société d’aménagement et d’exploitation des terres du delta du fleuve Sénégal (SAED), ADRAO-Sénégal, des industriels et paysans locaux.

La popularité de l’ASI s’est répandue si rapidement qu’elle a atteint d’autres pays de la région et l’ADRAO collabore avec le Mali, la Mauritanie, le Ghana, la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso pour mettre au point des prototypes adéquats. Le Centre du riz pour l’Afrique, ISRA et SAED utilisent maintenant ce modèle de partenariat ASI dans une alliance pour la mise au point d’une technologie de récolte du riz.

Gestion intégrée des cultures (GIC)

Le milieu sahélien est très complexe, les contraintes et priorités dans une même région varient considérablement. Réalisant que les paysans du riz irrigué ont besoin d’une gamme variée de technologies améliorées à choisir, combiner et adapter à leurs conditions spécifiques, le Centre du riz pour l’Afrique et ses partenaires ont introduit l’approche GIC pour leur offrir une plus grande flexibilité et autonomie.

Dans le cadre de cette approche, une gamme variée de technologies améliorées qui sont toujours à l’étape de prototype a été mise à la disposition des paysans et sont par la suite adaptées aux conditions locales prévalentes au moyen d’un processus d’intégration progressif.

Le programme GIC inclut des options d’amélioration de l’engrais, des adventices et de la maîtrise de l’eau, des variétés améliorées et des technologies post-récoltes ainsi que des outils de décision tels que la date optimale de semis, les taux de semis et d’engrais et la planification de l’application de l’engrais sur la base de la recherche sur la modélisation des cultures. Les technologies GIC sont peaufinées dans les champs des paysans, avec une participation importante des paysans dans le processus d’adaptation.

Pour assurer le succès à long terme du GIC, l’ADRAO met un accent aigu sur la gestion durable de la base des ressources naturelles, incluant maintenant la fertilité du sol, la lutte contre la concentration de la salinité et la conservation de la biodiversité.

Les chercheurs de l’ADRAO ont découvert que les paysans peuvent augmenter de façon significative la productivité et la rentabilité avec l’utilisation du GIC. L’attraction majeure est que les éléments du GIC mettent l’accent sur une meilleure gestion des ressources disponibles sans une augmentation significative du niveau des intrants. Les paysans de deux sites d’étude ont réalisé 60% et 85% d’augmentations de rendements et de bénéfices, respectivement. La recherche en cours et à venir mettra l’accent sur l’adaptation des options technologiques à la gamme variée des milieux de production du riz irrigué en Afrique sub-saharienne.

 



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