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Verdissement du Sahel: technologies améliorées
pour la riziculture irriguée
Un
programme de variétés de riz à haut rendement, d’options
de gestion intégrée de culture et d’équipement post-récolte
donne un nouvel espoir aux paysans du riz irrigué au
Sahel. Les technologies améliorées développées par le
Centre du riz pour l’Afrique (ADRAO) et ses partenaires
nationaux ont doublé le rendement rizicole en Mauritanie
et ont rapporté plus de 30 millions DUS au Sénégal entre
1995/96 et 2000/01.
Variétés de riz améliorées
L’accès aux variétés adéquates a été une contrainte
majeure à l’amélioration de la production du riz irrigué
dans la Vallée du Fleuve Sénégal. Pour juguler ce
problème, l’ADRAO a lancé une initiative avec ses
partenaires nationaux du Sénégal pour rendre des
variétés productives et adaptées disponibles.
Suite à une évaluation à grande échelle avec les paysans,
trois nouvelles variétés (Sahel 108, Sahel 201 et Sahel
202 avec des moyennes de rendements de 6 à 7 t par ha
dans les champs des paysans) ont été homologuées au
milieu des années 90 dans la Vallée du Fleuve Sénégal,
où la zone totale cultivée est entre 30 000 à 35 000 ha.
Ces variétés sont devenues si populaires chez les
paysans que la proportion de la zone totale cultivée des
variétés Sahel a augmenté de 3% en 1995/96 à plus de 70%
en 2000/2001. Le volume total de paddy des variétés
Sahel a augmenté de 3000 t environ à plus de 115.000 t
dans la même période et les revenus cumulés des variétés
Sahel ont dépassé 30 millions de DUS. Cinq nouvelles
variétés Sahel ont été récemment homologuées dans la
Vallée du Fleuve Sénégal.
Technologies post-récoltes
Dans les systèmes à base riz irrigué d’Afrique de
l’Ouest, le battage et le vannage sont généralement
effectués manuellement par les femmes qui passent des
heures entières sur ces opérations épuisantes. Cela
affecte non seulement la santé mais aussi la qualité et
la rentabilité du grain de riz.
Le
Centre du riz pour l’Afrique en association avec un
grand nombre de partenaires a mis au point la batteuse
vanneuse ASI pour juguler ces problèmes. Sur la base
d’un prototype de l’IRRI, ASI a connu plusieurs
adaptations pour cadrer avec les conditions de la Vallée
du Fleuve Sénégal.
ASI a une capacité de battage de 6 tonnes de riz paddy
par jour (comparé aux 2 tonnes du Votex—l’autre batteuse
communément utilisée) et le taux de séparation grain
paille est 99%. Ce n’est, par conséquent pas surprenant
que plus de 250 ASI aient été construites au Sénégal
depuis son homologation officielle et plus de 50% du
total du paddy récolté dans la Vallée du Fleuve Sénégal
est actuellement battus à l’ASI, la rendant la batteuse
la plus utilisée de la région.
Sa contribution a été reconnue en 2003 lorsque le
Président du Sénégal a présenté à l’équipe de l’ASI le «
Grand Prix du Président de la République pour les
Sciences » — la plus grande distinction au Sénégal pour
la Science. L’équipe de l’ASI inclut l’Institut
sénégalais de recherches agricoles (ISRA), la Société
d’aménagement et d’exploitation des terres du delta du
fleuve Sénégal (SAED), ADRAO-Sénégal, des industriels et
paysans locaux.
La popularité de l’ASI s’est répandue si rapidement
qu’elle a atteint d’autres pays de la région et l’ADRAO
collabore avec le Mali, la Mauritanie, le Ghana, la Côte
d’Ivoire et le Burkina Faso pour mettre au point des
prototypes adéquats. Le Centre du riz pour l’Afrique,
ISRA et SAED utilisent maintenant ce modèle de
partenariat ASI dans une alliance pour la mise au point
d’une technologie de récolte du riz.
Gestion intégrée des cultures (GIC)
Le milieu sahélien est très complexe, les contraintes et
priorités dans une même région varient considérablement. Réalisant que les paysans du riz
irrigué ont besoin d’une gamme variée de technologies
améliorées à choisir, combiner et adapter à leurs
conditions spécifiques, le Centre du riz pour l’Afrique
et ses partenaires ont introduit l’approche GIC pour
leur offrir une plus grande flexibilité et autonomie.
Dans le cadre de cette approche, une gamme variée de
technologies améliorées qui sont toujours à l’étape de
prototype a été mise à la disposition des paysans et
sont par la suite adaptées aux conditions locales
prévalentes au moyen d’un processus d’intégration
progressif.
Le programme GIC inclut des options d’amélioration de
l’engrais, des adventices et de la maîtrise de l’eau,
des variétés améliorées et des technologies post-récoltes
ainsi que des outils de décision tels que la date
optimale de semis, les taux de semis et d’engrais et la
planification de l’application de l’engrais sur la base
de la recherche sur la modélisation des cultures. Les
technologies GIC sont peaufinées dans les champs des
paysans, avec une participation importante des paysans
dans le processus d’adaptation.
Pour assurer le succès à long terme du GIC, l’ADRAO met
un accent aigu sur la gestion durable de la base des
ressources naturelles, incluant maintenant la fertilité
du sol, la lutte contre la concentration de la salinité
et la conservation de la biodiversité.
Les chercheurs de l’ADRAO ont découvert que les paysans
peuvent augmenter de façon significative la productivité
et la rentabilité avec l’utilisation du GIC.
L’attraction majeure est que les éléments du GIC mettent
l’accent sur une meilleure gestion des ressources
disponibles sans une augmentation significative du
niveau des intrants. Les paysans de deux sites d’étude
ont réalisé 60% et 85% d’augmentations de rendements et
de bénéfices, respectivement. La recherche en cours et à
venir mettra l’accent sur l’adaptation des options
technologiques à la gamme variée des milieux de
production du riz irrigué en Afrique sub-saharienne.
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